« Nous voulons réduire l’impact des perturbateurs endocriniens » : un atelier cuisine pour les futures mamans au Grand Jardin.


Le jeudi 17 septembre, Nicolas Audigane, de la Scop LABEL VERTe, est venu présenter aux amapiens une démarche encore peu connue : la collecte et la valorisation de l’urine humaine, notamment comme ressource pour l’agriculture.
Cette rencontre a permis de comprendre les raisons de cette démarche, ses bénéfices potentiels pour l’environnement et les modalités concrètes de sa mise en œuvre : matériel nécessaire, organisation de la collecte et calendrier à prévoir.
L’intérêt suscité par cette présentation témoigne d’une réelle envie d’agir : treize amapiens se sont déjà inscrits dès cette première soirée !
Nous considérons habituellement l’urine comme un déchet dont il faut se débarrasser. Pourtant, elle contient des éléments nutritifs, notamment de l’azote, qui peuvent être utiles aux cultures.
Aujourd’hui, lorsque nous utilisons les toilettes à chasse d’eau, nous diluons l’urine dans de l’eau potable avant de l’envoyer dans le réseau d’assainissement. Les nutriments qu’elle contient sont alors en grande partie perdus pour l’agriculture.
La collecte à la source permettrait au contraire de récupérer ces ressources pour les valoriser, notamment sous forme de fertilisants agricoles. Cette approche s’inscrit dans une logique d’économie circulaire : plutôt que de considérer certains éléments comme des déchets, nous cherchons à les réutiliser là où ils peuvent être utiles.
Cette perspective est particulièrement intéressante dans un contexte où l’agriculture française reste fortement dépendante des engrais importés.
La valorisation de l’urine ne concerne pas seulement l’agriculture. Elle pose aussi la question de notre utilisation de l’eau potable.
Les toilettes à chasse d’eau représentent une part importante de notre consommation domestique : selon les chiffres présentés lors de la table ronde consacrée à l’avenir de l’eau, le 30 juin 2026 à Angers, elles représentent environ 36 litres par personne et par jour, sur une consommation totale moyenne de 150 litres.
Dans le même temps, la disponibilité de l’eau se dégrade sous l’effet de la baisse des précipitations, de la hausse des températures et de l’augmentation des prélèvements. En Maine-et-Loire, la Loire constitue une ressource essentielle pour l’alimentation en eau potable.
Séparer l’urine à la source permettrait de limiter l’utilisation d’eau potable pour son transport et de réduire les quantités de nutriments rejetées dans les milieux aquatiques. C’est donc une piste pour faire évoluer nos pratiques vers un assainissement plus écologique, une meilleure préservation des ressources et une utilisation plus sobre de l’eau.
Un rapport de l’ADEME publié en 2025 souligne le potentiel de cette démarche à grande échelle : la valorisation des urines pourrait notamment contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre, à économiser de l’eau potable et à limiter les rejets d’azote dans les eaux de surface. Ces résultats sont des estimations nationales, qui dépendent des modalités de collecte et de valorisation mises en œuvre.
L’utilisation de l’urine humaine comme fertilisant fait déjà l’objet de recherches et d’expérimentations. Le projet PLUVALUH, porté dans les Pays de la Loire, vise ainsi à promouvoir son usage et sa valorisation en agriculture. Des essais sont notamment menés sur des cultures de salades.
Cette démarche ouvre des perspectives intéressantes pour une agriculture plus économe en ressources et moins dépendante des engrais de synthèse.
Des questions restent néanmoins à approfondir, notamment celles liées aux résidus de médicaments, à la sécurité sanitaire et au cadre réglementaire. La mise en œuvre de cette valorisation doit donc s’appuyer sur des conditions adaptées et sur les connaissances scientifiques disponibles.
La soirée du 17 septembre a permis de présenter concrètement les modalités pratiques d’une collecte à petite échelle, avec le matériel de base nécessaire et l’organisation à prévoir.
Treize amapiens ont déjà choisi de s’engager dans cette expérimentation collective. Vous souhaitez les rejoindre ? Pour manifester votre intérêt ou obtenir davantage d’informations, vous pouvez écrire à :contact@amap49-membrolle.fr
En participant à cette initiative, chacun peut contribuer, à son échelle, à faire évoluer nos pratiques, à préserver l’eau et à redonner une utilité agricole à une ressource trop souvent négligée.
Pour davantage d’informations, Nicolas Audigane de LABEL VERTe (https://www.labelverte.fr/) sera de nouveau présent ce jeudi 15 octobre de 18h à 19h15. Il apportera le matériel commandé par les amapiens qui se sont inscrits à la collecte d’urine.
Quelques ressources pour découvrir les enjeux et les expérimentations en cours :
Arte – La valorisation des urines humaines en agriculture : un reportage court et pédagogique.
Projet PLUVALUH – Chambre d’agriculture des Pays de la Loire : pour découvrir les expérimentations agricoles régionales.
FNAB – La bio redécouvre une ressource oubliée : un éclairage sur les enjeux pour l’agriculture biologique.
ADEME – Rapport sur la collecte à la source et la valorisation agronomique des excrétats humains : une étude approfondie des impacts environnementaux, économiques et agricoles.
Et si nos toilettes devenaient aussi un point de départ pour une agriculture plus durable et une meilleure gestion de l’eau ?
Vous avez plusieurs à nous interpeller par rapport au risque de contamination de nos légumes au cadmium.
Nous n’avons pas d’analyse factuelle de nos légumes donc nous ne pouvons pas vous donner de chiffres.
Nous pouvons par contre vous expliquer nos pratiques, ce qui permet d’avoir une idée des risques :
Nous apportons principalement des déjections animales pour amender notre sol (principalement du fumier de vache bio de la commune soit environ 15 tonnes) et nous apportons de manière anecdotique (c’est-à-dire une dizaine de seau de 5kg par an) de l’engrais organique (c’est principalement des déjections séchées de volaille bio).
A l’occasion des contrôles bio, des analyses de contamination aux pesticides ont été menées sur nos tomates en 2024. Aucun résidu n’a été trouvé sur environ 600 produits recherchés.
GAEC Le Grand Jardin – Nicolas Haezebrouck & Camille Guellier »
Clémence Loiseau, Julie Oudard et Nicolas Haezebrouck nous parlent de l’ordonnance verte. différents points de vue qui se complètent.
Le journaliste régional de Ouest France est venu rencontrer les nombreuses participantes au dispositif des ordonnances vertes. Il a pu recueillir de nombreux témoignages. L’article est complété avec une interview de médecins du CHU de Nantes.
L’AMAP Les Voisins de panier vous propose un nouveau contrat Volailles 2026, avec Audrey GAUDIN, productrice à Brain sur Longuenée.